lundi 22 décembre 2008

Retour sur L individualisme.


L'individualiste, quel égoïste !
Par sedenion le mercredi 20 août 2008, 16:47 - OVoid* - Lien permanent
Vivre en troupeau en se pensant libres, Un article du monde diplomatique, avec entre autres, un point de vue intéressant de l'auteur qui spécule l'exploitation de la tendance humaine à l'égoïsme, pour en faire un troupeau homogène et docile. Et l'auteur fait une nette différence entre l'individualisme et l'égoïsme.La définition préliminaire de l'individualisme par la Wikipedia dresse le portrait d'un individualisme qui ressemble beaucoup à l'egoïsme. Néanmoins, le paragraphe se termine sur une note importante : Il ne faut cependant pas confondre individualisme et égoïsme à courte vue. Car si l'égoïste ne considère que ses intérêts personnels, l'individualiste considère l'intérêt des individus et non le sien uniquement.La différence est là. Un individualiste aspire à être un individu et parfois même, est un individu. Or un individu c'est déjà un animal évolué. Il projette son propre sentiment d'individualité sur ses congénères, et a donc naturellement tendance à les considérer, eux aussi, comme des individus. Il fait preuve d'altérité.L'égoïsme lui, est plus simpliste. C'est un vestige archaïque, un 'instinct de survie'. Il place l'ego "MOI" en priorité par rapport à toutes autres 'directives' ce qui amène à une négation d'autruis. Considérer les autres comme des individus dépasse l'entendement d'un ego, car l'ego n'est capable que d'une seule chose : faire la différence entre "MOI" et "Non-MOI".Pourtant, l'individualisme a souvent une connotation négative. On considère l'individualiste comme opposé à l'équipe, refusant de partager ses talents avec les autres, ou les mettre au service d'une équipe. En fait, c'est bien son égoïsme qu'on lui reproche, pas son individualité, car en réalité, son individualité, "on s'en fout". Ce qui intéresse 'on', c'est ce que cet individu peut apporter à 'on', pas qu'il soit un individu. 'On' n'est en fait pas moins égoïste que lui, et 'on' se moque pas mal de lui. Par ce billet, l'individu est quelque part bien forcé d'être lui-aussi, effectivement, un égoïste. Les égoïstes, loin d'être altruistes, restent en groupe car ils y trouvent égoïstement leur compte, c'est pour cette raison qu'ils sont grégaires. Mais l'individu égoïste, lui, est différent, car il n'est pas grégaire au premier degré. Aspirant à être un individu, il aspire également à l'autonomie et met donc en oeuvre des stratégies qui lui permettent d'être autonome. Autonomie qui a son tour permet à l'individu de se libérer de la nécessité d'appartenir (égoïstement) au groupe. C'est ça, que les égoïstes grégaires ne supportent pas chez les individus égoïstes. A toutes fin, l'individu égoïste, réellement autonome, pourrait finir par devenir altruiste, ce que l'égoïste grégaire ne peut être que virtuellement.Sur un terrain parallèle, la grosse différence entre un individu et un ego, c'est qu'un individu réfléchit, alors qu'un ego réagit. Il est facile de comprendre qui, n'a en aucun cas besoin d'individus pensants, et a au contraire besoin d'animaux aux réactions pulsionnelles, que ce soit pour les encadrer (par la peur) ou les inciter à consommer (par la peur aussi).Sur un autre terrain encore, il est possible que la question "être ou ne pas être" soit typique d'un individu, alors que l'ego se contenterait d'une réflexion plus pragmatique : "avoir, avoir, avoir". Curiositée vis à vis de cette approche : On constate ces dernières années (c'est à dire ces cinq dernières années) l'émergence d'une mode - dont les participants se veulent, évidemment, en opposition au 'moutonisme' - pour certaines philosophies spiritualistes, généralement basés sur des auteurs très contemporains ('révolution industrielle', début du 20 ème), sois-disant "maîtres spirituels". - n'est-il pas... - L'intéressant, c'est que quel que soit l'essence de ces philosophies (dont j'ignore presque tout), leur mise en oeuvre sur le terrain par leurs pratiquants (ça je le connais), se transforme (ou pas, remarque) en quête consistant à "avoir un MOI" et connaître les conditions de la "naissance en soi" de ce dernier. Et, obtention de ce "MOI", dans quel but ? Les motivations laissent dubitatif.Je pense qu'on pourrait me rétorquer que ces philosophies ont pour but "d'apprendre à être" (c'est ce que dit la Wikipedia), la réalité du terrain, c'est que la majorité de ceux qui s'y investissent, non seulement, sont à mes yeux clairement dans un effet de mode, et donc plutôt sur la mauvaise voie - la quatrième, parait-il - pour devenir des individus, mais en plus, restent souvent bloqués sur un mode de pensée qui les plafonnent à "vouloir apprendre à avoir un être". Ils ne veulent pas être (est-il utile de le vouloir, d'ailleurs ?), ils veulent posséder quelque chose : des facultés, un statut, un savoir, une victoire, un Salut, un "MOI", etc... Ces philosophies semblent en réalité bien plus plaire aux égos qu'aux individus, d'autant qu'elles se font passer pour initiatiques et élitistes... Le seul a s'assouvir d'avoir la priorité n'est jamais que l'ego. L'individu, lui, aspire tout juste à être reconnu

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