mercredi 14 janvier 2009

Amour


Ils s’aiment ! Depuis des mois, des années ou des décennies.Et ils sont formels, tous : inséparables, et pourtant libres. Absolument libres, même, de réaliser ensemble les destins extraordinaires qu’ils se sont choisis, ou qui les ont choisis. Avant de redescendre sur terre, Jean-Pierre, cosmonaute, cache un petit mot d’amour dans la station Mir pour que Claudie, sa dulcinée, le trouve quand elle viendra : « Rien n’était prévu, mais elle devait forcément venir, c’est trop beau, ce qu’on voit de là-bas… » Quand Beate se fait emprisonner pour ses idées, c’est avec la bénédiction (inquiète, quand même !) de Serge, son homme, qui ameute la terre entière pour qu’elle soit libérée. Alexandre et Sonia, eux, ont mis leurs pas les uns dans les autres pour traverser l’Afrique et les méandres de leur amour : trois ans à arpenter la planète et leurs sentiments… Si Mark lâche, Laura tombe, puisqu’elle est suspendue à lui chaque soir, sous le chapiteau d’un cirque, dans un « duo main à main » intitulé « Les Amoureux ». Quant à Véronique et Philippe, ils ont choisi une autre vie, la plus folle de toutes peut-être, puisqu’elle est détachée de toute autre contingence que celle de vivre pour leurs idées, et de faire avancer leur colère contre la misère.Quand on leur demande où est la liberté, dans ces vies si collées l’une à l’autre, ils rient, tous. Parce qu’ils ne se sont jamais posé la question. Parce qu’ils n’en reviennent pas d’être allés si loin, et qu’ils n’envisagent pas que ça ait pu être sans l’autre. Parce qu’ils ont choisi, au point de n’avoir même pas besoin de le dire, que c’est en étant deux qu’ils seraient vraiment libres.

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